Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/851

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NOTES


SUR LE PARMÉNIDE.

J’ai eu sous les yeux l’édition genérale de Bekker (Primœ partis volumen secundum), l’édition particulière de Heindorf (tome iii), les deux versions latines de Ficin et d’Ast, la traduction allemande de Schleiermacher, et le commentaire de Proclus (tomes iv, v et vi de mon édition).

C’est la première fois que le Parménide est traduit en français. Ce dialogue demeure un des ouvrages de Platon dont il est le plus difficile de déterminer le vrai but, et de suivre le fil et l’enchaînement à travers les mille détours de la dialectique éléatique ou platonicienne. La vraie pensée de Platon est encore un problème, et le degré d’importance de ce dialogue n’est pas fixe. Est-ce seulement un grand exercice de dialectique, comme paraît le croire Schleiermacher ? ou bien est-ce en effet le sanctuaire mystérieux où se cache, derrière le voile de subtilités presque impénétrables, la théorie des idées, le philologue et le philosophe, en avait public un Specimen (Heidelberg, 1807) et un fragment précieux (Commentatio academica de Platonica corporis mundani fabrica, conflati ex elementis geometrica ratione concinnatis ; Heidelbergæ, 1810) ; mais il n’a pas continué cet excellent travail. Heureusement M. Stalbaum s’est présenté à la place de M. Boeckh, et il vient de mettre au jour une édition du Timée (Platonis Timœus et Critias ; recensuit, prolegomenis et commentariis instruxit Godofredus Stalbaum ; Gothæ et Lipsiæ, 1838), où, mettant à profit les travaux de ses devanciers, et les complétant par des recherches qui lui sont propres, on peut dire que l’habile critique a définitivement constitué et éclairci le texte de ce magnifique, mais très-obscur dialogue. Nous n’hésitons pas a reconnaitre que cette savante édition nous a été d’un immense secours : presque partout nous l’avons suivie, et nous y renvoyons avec confiance. Voici cependant un certain nombre de remarques que l’étude attentive du texte nous a suggérées, et que nous soumettons à M. Stalbaum lui-même comme un tribut de notre estime et de notre reconnaissance.