Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/889

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sans regard à l’idée du juste et du bien. Mais c’est prétendre que Dieu a fait le monde par un acte de vouloir destitué de tout penser, ce qui est impossible, absurde, impie. Dieu n’est qu’en tant qu’il pense, comme en tant qu’il veut ; sa pensée, et sa pensée éternelle, c’est l’idée même du bien, du juste, etc. ; c’est avec sa pensée, avec ses idées, au sens platonicien, qu’il veut et qu’il agit ; et, en agissant, il les imprime à ses œuvres. Le monde est donc empreint des idées, c’est-à-dire des pensées de Dieu. Le monde réalise le plan divin, le plan que Dieu a suivi et voulu suivre en formant le monde, par cette grande et dernière raison, à savoir, que Dieu est bon. Ainsi deux mille ans après Platon, nous pouvons dire encore : « Quiconque, instruit par des hommes sages, admettra ceci comme la raison principale de l’origine et de la formation du monde, sera dans le vrai. »


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Dans le système du monde, tel que Platon l’expose, il n’y a et il ne peut y avoir qu’un seul Dieu ; Platon le dit mille fois, et Aristote le répète après lui. Pour tous les deux, les dieux ne sont pas autre chose que les astres, et, au premier rang, les étoiles fixes. C’est la l’esprit de toute la philosophie ancienne, et Aristote a suivi Platon lorsqu’il a dit (Métaphys., liv. xii,