Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/894

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s’applique au courant de la vue, alors le semblable rencontre son semblable, l’union se forme, et il n’y a plus dans la direction des yeux qu’un seul corps qui n’est plus un corps étranger, et dans lequel ce qui vient du dedans est confondu avec ce qui vient du dehors. De cette union de parties semblables résulte un tout homogène qui transmet à tout notre corps, et fait parvenir jusqu’à l’âme les mouvements des objets qu’il rencontre ou par lesquels il est rencontré, et nous donne ainsi cette sensation que nous appelons la vue.

Stalbaum trouve déjà cette explication de la vision par deux courants lumineux, l’un extérieur et l’autre s’écoulant des yeux eux-mêmes, dans d’autres ouvrages de Platon, par exemple, dans la République, liv. vi. Mais la théorie de la vision que présente le livre vi de la République est tout autre que celle que nous avons ici. Dans la République, Platon dit tout simplement que, pour qu’il y ait sensation de la vue, il ne faut pas seulement un œil doué de la faculté de voir, et un objet visible, mais encore la lumière qui permette à la vue de s’exercer et à l’objet visible d’être vu, et cette lumière vient du soleil (voyez notre trad., t. x, p. 53 , etc.). Il n’est point question de deux courants homogènes, l’un intérieur et l’autre extérieur. Stalbaum est beaucoup plus fondé à rapporter cette