Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/960

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ou descendante des nombres, est aussi celle que suit la nature dans la production des genres et des espèces pour [991a] chaque classe d'êtres[1]. Le premier rapport de la proportion qui a pour raison deux, est le rapport de l'unité au nombre deux, dont le double est sa seconde puissance. Si on passe au solide et au tangible en doublant encore cette seconde puissance, on s'est élevé d'un à huit; la seconde puissance du nombre deux est un milieu entre ces deux termes, car elle l'emporte autant sur le plus petit que le plus grand l'emporte sur elle ; elle surpasse un extrême et est surpassée par l'autre d'une quantité égale. Parmi les nombres compris entre six et [991b] douze se trouvent deux nombres formés par l'addition du tiers et de la moitié de six à lui-même. Le chœur des muses a fait présent aux hommes de ces deux raisons qui, se trouvant au milieu, ont le même rapport aux deux extrêmes, pour être le fondement de l'accord et de la symétrie, pour les diriger dans la mesure et l'harmonie de leurs danses et de leurs chants.

Telles sont les sciences auxquelles on doit s'attacher, sans en négliger la moindre partie. Mais pour les achever, il faut s'élever à la contemplation de la génération des dieux et de la nature souverainement belle et divine des êtres visibles, autant que Dieu a donné aux hommes de pouvoir la pénétrer. Jamais personne ne se flattera d'atteindre sans effort à cette contemplation, sans [991c] le secours des sciences dont on vient de parler. Il faut de plus que dans tous ses entretiens, soit en interrogeant, soit en réfutant ce qui paraît mal dit, on ramène toujours les espèces aux genres. De

  1. C'est une opinion commune aux pythagoriciens et aux platoniciens que l'unité correspond au point, le nombre deux à la ligne et le nombre quatre à la surface, le nombre huit au solide.