Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/961

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toutes les méthodes employées par les hommes dans l'examen du vrai, celle-ci est la première et la plus belle ; toute autre malgré ses promesses ne produit que les plus vains résultats. Il faut connaître aussi la mesure exacte des temps, et la précision avec laquelle se font toutes les [991d] révolutions célestes, afin que, persuadé de cette vérité que l'âme est d'une nature plus ancienne et plus divine que le corps, on regarde aussi comme une vérité également belle et solide que tout est plein de dieux, et que jamais ces êtres meilleurs ne nous abandonnent par oubli ou par négligence. Une observation générale à faire aussi sur ces sciences, c'est qu'elles sont très utiles, lorsqu'on les étudie comme il faut; mais que si on s'y prend mal, il vaut mieux invoquer Dieu sans cesse. Quant à la manière de les étudier, la voici, [991e] car je ne puis m'empêcher d'en dire un mot. Il faut que toute espèce de figure, toute combinaison de nombres, tout ensemble musical et astronomique, manifeste son unité à celui qui apprendra selon la vraie méthode; or, cette unité lui apparaîtra si, comme nous le disons, il l'a toujours en vue dans ses études. Car la réflexion lui découvrira qu'un seul lien [992a] unit naturellement toutes choses; mais s'il suit une autre route, il ne lui reste, comme nous avons dit, qu'à invoquer la fortune; parce que sans cette connaissance il est impossible qu'il y ait dans aucun état un homme vraiment heureux; mais telle est la voie, telle est l'éducation, telles sont les sciences faciles ou non à apprendre, qui peuvent conduire à cette fia. En même temps, il n'est pas permis de négliger les dieux, lorsqu'on a conçu clairement et sous son vrai jour l'heureuse [992b] doctrine qui les concerne. Je dis encore que celui-là est très sage dans la plus exacte vérité, qui possède toutes ces connaissances de la