Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/985

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

ou tu ne sais pas ce que je te demande, ou tu ne veux pas me le communiquer. C’est pour cela que je crois devoir aller trouver Thrasymaque ou tout autre qui me satisfasse, à moins que tu ne mettes fin [410d] à tes éternelles exhortations. Si tu me faisais l’éloge de la gymnastique, en m’engageant à prendre soin de mon corps, après ces exhortations tu me dirais sans doute quel est mon tempérament et quelle espèce de soins il exige. Fais-en de même à présent. Suppose que Clitophon t’accorde qu’il est ridicule de s’occuper de tout le reste et de négliger l’âme [410e] pour laquelle nous prenons toutes ces peines ; suppose que je t’aie rapporté tout ce qui s’en suit et tout ce que nous venons de dire. Maintenant, je t’en conjure, réponds à ma question, pour que je ne sois plus forcé, comme je viens de le faire et comme je l’ai fait avec Lysias, de te louer sur certains points et de te blâmer sur d’autres. Car je répéterai toujours que pour celui qui n’a point encore été exhorté à la vertu, tu es le plus précieux des hommes ; mais pour celui qui l’est déjà, tu serais presque un obstacle à ce qu’il parvint au véritable but de la vertu, qui est le bonheur.