Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/110

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LE PARASITE, à part. Déménète est mort. Il est temps que je détale, nos combattants vont s’échauffer. Je vais trouver Diabole, lui annoncer que j’ai exécuté divinement ses instructions. Et, tandis que l’on se querelle ici, je tâcherai que nous nous mettions à table. Demain je l’amènerai pour qu’il donne vingt mines à la vieille et qu’il soit de moitié dans les faveurs de la fillette. On obtiendra d’Argyrippe qu’il se contente d’une nuit sur deux ; au moins je l’espère, car si je n’en viens pas à bout, je perds mon protecteur, tant est violent le feu qui le consume. (Il sort.)

ARTÉMONE, à Philénie. Qui t'a permis de recevoir mon mari ?

PHILÉNIE. Oh ! l’insupportable mégère !

ARTÉMONE. Debout, bel amoureux, et au logis !

DÉMÉNÈTE. C’est fait de moi.

ARTÉMONE. Tu ne nieras pas> que tu ne sois le plus pervers des hommes. Mais quoi ! le coucou ne bouge de son nid ! Debout, bel amoureux, et au logis !

DÉMÉNÈTE. Malheur à moi !

ARTÉMONE, Tu ne te trompes pas. Debout, bel amoureux, et au logis !

DÉMÉNÈTE. Éloigne-toi un peu.

ARTÉMONE. Debout, bel amoureux, et au logis !

DÉMÉNÈTE. De grâce, ma femme !

ARTÉMONE. Tu t’en souviens donc, que je suis ta femme ? Tout à l’heure, quand tu dégoisais si bien, je n’étais pas une femme, mais une peste.

DÉMÉNÈTE. Je suis mort !

ARTÉMONE. Eh bien ! l’haleine de ta femme est-elle mauvaise ?

DÉMÉNÈTE. Oh ! elle est plus suave que la myrrhe.

ARTÉMONE. Et on ne m’a pas encore pris ce manteau qu’on voulait donner à une coquine ? Par Castor…

ARGYRIPPE. En effet, il a dit qu’il vous déroberait votre manteau.

DÉMÉNÈTE. Veux-tu bien te taire !

ARGYRIPPE. Je l’en détournais, ma mère.

ARTÉMONE. Brave enfant ! (À Déménète.) Est-il permis qu’un père donne à son fils de semblables leçons ? N’as-tu pas de honte ?

DÉMÉNÈTE. Ah ! si j’ai honte de quelque chose, c’est bien de ma conduite envers toi.

ARTÉMONE. Un coucou grisonnant que sa femme vient arracher d’un repaire !