Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/128

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STAPHYLA. Les dieux bénissent ce dessein ! Mais, en vérité, cela ne se peut ; c’est trop prompt. EUCLION. Tais-toi, et va-t’en ; que tout soit prêt quand je reviendrai de la place. Et qu’on ferme la porte ; je ne serai qu’un moment. (Il sort.)



SCÈNE IV.— STAPHYLA.


STAPHYLA. Que faire ? Nous voilà perdues, la fille de mon maître et moi. L’heure approche où sa honte va éclater ; elle accouchera d’un moment à l’autre. J’ai caché avec tant de soin jusqu’ici cette aventure ! mais cela ne se peut plus… Allons, il faut rentrer, que les ordres de mon maître soient exécutés à son retour. Ah ! je crains d’avaler aujourd’hui quelque potion bien amère.



SCÈNE V. — STROBILE, ANTHRAX, CONGRION.


STROBILE. Mon maître a fait des provisions ; il a loué ces cuisiniers et ces joueuses de flûte sur la place, et je suis chargé par lui de faire de tout cela deux parts égales.

CONGRION. Pour ce qui me regarde, je réponds bien que tu ne me fendras pas en deux. Mais .si tu veux m’envoyer quelque part tout entier, je suis prêt à me mettre à l’œuvre.

ANTHRAX. Voyez l’honnête et chaste demoiselle ! ce beau mignon de trottoir ! Si l’on voulait de toi,,m’est avis que tu te laisserais fendre de bon cœur.

CONGRION. Ce que je disais, Anthrax, était dans un tout autre sens que celui où tu feins de le prendre.

STROBILE. Mon maître se marie aujourd’hui.

CONGRION. Avec qui ?

STROBILE. Avec la fille d’Euclion, notre proche voisin. C’est pour cela qu’il veut qu’on donne au bonhomme la moitié des provisions, avec un cuisinier et une joueuse de flûte.

CONGRION. Ainsi, la moitié chez Euclion et la moitié ici ?

STROBILE. Comme tu dis.

CONGRION. Eh quoi ! le vieux ne pouvait-il pas régaler à ses frais le jour où il marie sa fille ?

STROBILE. Peuh !

CONGRION. Qui empêche ?

STROBILE. Qui empêche, dis-tu ? On tirerait de l’huile d’un mur plutôt que d’arracher une obole au vieux cancre.