Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/186

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si je la prends, vous pourrez porter de l’or à nos amis à pleines corbeilles, ou je serais bien trompé[1].

PISTOCLÈRE. Nous mettons en toi notre confiance, Chrysale.

CHRYSALE. Vous, Pistoclère, entres bien vite chez Bacchis, et apportez-moi à l’instant…

PISTOCLÈRE. Quoi ?

CHRYSALE. Un poinçon, de la cire, des tablettes et du fil.

PISTOCLÈRE. Tu vas avoir tout cela. (Il sort.)

MNÉSILOQUE. Que veux-tu faire ? dis-moi. Le dîner est prêt.

CHRYSALE. Vous êtes deux, et votre maitresse fera la troisième.

MNÉSILOQUE. Comme tu dis.

CHRYSALE. Pistoclère n’a pas de maitresse, lui.

MNÉSILOQUE. Si fait, et elle est ici. Elles sont deux Bacchis, et nous aimons chacun une des deux sœurs.

CHRYSALE. Que dites-vous ?

MNÉSILOQUE. Le nombre des convives.

CHRYSALE. Et la table à deux lits, où est-elle dressée ?

MNÉSILOQUE. Pourquoi cette question ?

CHRYSALE. J’ai mes raisons, et je veux qu’on me le dise. Vous ne savez pas ce que je vais faire et quel grand coup je médite.

MNÉSILOQUE. Ta main, et suis-moi jusqu’à la porte ; maintenant, regarde là dedans.

CHRYSALE. Diantre ! l’endroit est charmant, et tel que je le souhaitais.

PISTOCLÈRE, rentrant. Tu n’as pas donné tes ordres à des maladroits ; aussi, pas de retard.

CHRYSALE. Que nous apportez-vous ?

PISTOCLÈRE. Tout ce que tu as demandé.

CHRYSALE, à Mnésiloque. Prenez vitement ce poinçon et ces tablettes.

MNÉSILOQUE. Après ?

CHRYSALE. Écrivez ce que je vais vous dicter. Je tiens à ce que vous écriviez vous-même, pour que votre père reconnaisse votre main. Écrivez.

MNÉSILOQUE. Quoi ?

CHRYSALE. D’abord Je salut à votre père.

PISTOCLÈRE. Que ne lui souhaite-t-il plutôt une bonne fièvre et un cercueil ! cela vaudrait beaucoup mieux.

  1. Je lis sicut au lieu de si cui.