Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/215

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LES CAPTIFS.




PROLOGUE[1].

Ces deux captifs que vous voyez plantés debout[2], là, devant vous, sont bien debout et non pas assis. Vous-mêmes êtes témoins que je vous dis la vérité. Le vieillard qui demeure ici près, Hégion, est le père de celui-ci (il montre Tyndare). Comment il est devenu, lui, l’esclave de son père, c’est ce que je vais vous apprendre, si vous me prêtez attention. Le vieillard avait deux fils : l’un fut enlevé, à l’âge de quatre ans, par un esclave fugitif qui alla le vendre en Élide au père de celui-là (il montre Philocrate). Vous comprenez ? à merveille. Non ? dit cet autre qui se trouve là-bas tout au bout ; eh bien ! qu’il approche. Si tu n’as pas de place pour t’asseoir, tu en trouveras pour te promener. Voilà bien de mes gens qui réduiraient un comédien à la besace ! Je n’irai pas m’époumoner pour toi, tu peux le croire. Quant à vous, qui pouvez faire déclaration de vos biens aux censeurs, voici le reste de l’histoire, car je ne veux faire de tort à personne. Notre esclave donc, comme je vous le disais, a vendu au père de celui-là (il montre Philocrate) l’enfant qu’il avait enlevé à son maître. Ce père, l’emplette une fois faite, a donné le bambin à son fils, parce qu’ils étaient à peu près du même âge. Maintenant (montrant Tyndare) il est esclave dans sa patrie, esclave de son père, et son père n’en sait rien. En vérité, les pauvres humains sont des balles de paume avec lesquelles les dieux jouent. Mais enfin, vous voyez comment le bonhomme a perdu un de ses enfants. Les hostilités ayant éclaté entre les Étoliens et les Éléens, l’autre fils, par un acci-

  1. Ce prologue était récité parle chef de la troupe.
  2. Il montre Tyndare et Philocrate.