Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/280

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PARDALISQUE. Vous êtes habile ; vous quittez le grand chemin pour la traverse.

STALINON. Et moi, me menace-t-elle ?

PARDALISQUE. Elle vous en veut plus qu’à qui que ce soit.

STALINON. Pourquoi ?

PARDALISQUE. Parce que vous la mariez à Olympion ; elle promet que ni vous, ni elle, ni son mari, vous ne verrez le soleil de demain ; et on m’a envoyé vous prévenir de prendre garde à elle.

STALINON. Suis-je assez malheureux ! il n’y a pas, il n’y eut jamais de vieillard amoureux aussi à plaindre que moi.

PARDALISQUE, à part. Eh ! je m’entends assez bien à lui donner des bourdes ; dans tout ce que je viens de lui dire, pas un mot de vérité. Ma maitresse et sa voisine viennent d’imaginer cette histoire, et je suis envoyée ici pour m’amuser de lui.

STALINON. Hé, Pardalisque ?

PARDAUSQUE. Qu’est-ce ?

STALINON. C’est que…

PARDALISQUE. Eh bien ?

STALINON. C’est que je veux te demander quelque chose.

PARDALISQUE. Vous me mettez en retard.

STALINON. Et toi, tu me mets au désespoir. Dis-moi, Casina tient-elle toujours cette épée ?

PARDALISQUE. Oui, et même deux.

STALINON. Pourquoi deux ?

PARDALISQUE. Elle veut vous égorger avec l’une, et le fermier avec l’autre.

STALINON. Ah ! je suis égorgé autant qu’on peut l’être. Ce que j’ai de mieux à faire, c’est de mettre une cuirasse. Et ma femme ? elle ne s’est pas approchée d’elle, elle ne l’a pas désarmée ?

PARDALISQUE. Personne n’ose s’y frotter.

STALINON. Qu’elle la prie bien doucement.

PARDALISQUE. C’est ce qu’elle fait ; mais l’autre ne veut pas rendre les armes, si elle n’est assurée de ne pas épouser le fermier.

STALINON. Eh bien, puisqu’elle ne veut pas, bon gré mal gré elle l’épousera aujourd’hui. Comment ! je n’en viendrais pas à mon honneur ? elle ne m’appartiendrait pas ?.. non, à mon fermier, veux-je dire.

PARDALISQUE. Vous vous trompez un peu bien souvent.

STALINON. C’est la peur qui m’embarrasse la langue ; mais, je