Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/281

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te supplie, dis à ma femme que je la prie d’obtenir que Casina laisse là son épée, qu’au moins je puisse rentrer.

PARDALISQUE. Je ferai la commission.

STALINON. Et toi, prie-la aussi.

PARDALISQUE. Je la prierai aussi.

STALINON. Mais prie-la tout gentiment, comme tu sais faire; si tu réussis, je te donnerai des sandales, entends-tu? et un anneau d’or pour mettre à ton doigt, et une foule de bonnes choses.

PARDALISQUE. Je ferai tous mes efforts.

STALINON. Tâche de réussir.

PARDALISQUE. J’y vais, si vous ne me retenez plus.

STALINON. Va, et fais de ton mieux.

PARDALISQUE, à part. Enfin, voici son acolyte qui revient du marché avec les provisions : c’est tout un cortège.


SCÈNE VI. — OLYMPION, UN CUISINIER, STALINON.

OLYMPION. Aie soin, maître filou (montrant les cuisiniers), de maintenir tes buissons en bon ordre !

LE CUISINIER. Comment, mes buissons ?

OLYMPION. Oui, tout ce qu’ils touchent, ils l’arrachent ; si on veut la reprendre, ils vous déchirent. Dès qu’ils arrivent quelque part, c’est double dégât pour les maîtres.

LE CUISINIER. Vraiment ?

OLYMPION. Mais quoi! je tarde ici, au lieu d’aller magnifiquement, noblement et amicalement au-devant de mon maître!

STALINON. Bonjour, brave homme !

OLYMPION. Vous dites vrai.

STALINON. Comment va ?

OLYMPION. Vous êtes amoureux, moi j’ai faim et soif.

STALINON. Te voilà bien joliment paré !

OLYMPION. Tout beau.

STALINON. Attends donc, tu fais bien le dédaigneux.

OLYMPION. Hé, hé ! vos paroles me puent.

STALINON. Qu’est-ce que cela ?

OLYMPION. C’est cela.

STALINON. Ah çà, t’arrêteras-tu ?

OLYMPION. Vous m’ennuyez.

STALINON. Je t’arrangerai de belle sorte, si tu ne restes là.

OLYMPION. Mais, par Jupiter, éloignez-vous, si vous ne voulez me faire vomir.