Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/313

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de son soulier ; suivons donc… ah ! à cette place, il s’est arrêté avec quelqu’un… voilà que mes yeux se brouillent il n’a pas été plus loin de ce côté… il a fait halte là pour reprendre par ici… Oh ! on a tenu conseil : ils étaient deux ; mais qui sont-ils ?… Eh ! je ne vois plus qu’une empreinte ; on a tiré de ce côté-ci. Examinons : d’ici il est venu à… mais les traces s’arrêtent ! Peine inutile ! ce qui est perdu est perdu, la cassette et ma peau. Rentrons.

PHANOSTRATE. Reste, ma mie, on a deux mots à te dire.

HALISCA. Qui m’appelle ?

LAMPADION. Une bonne femme et un mauvais garçon qui veulent te parler.

HALISCA. Foin du mauvais ! c’est du bon qu’il me faut… Au surplus, celui qui m’appelle sait mieux que moi ce qu’il veut ; retournons… Dites-moi, n’avez-vous pas vu quelqu’un ramasser par ici une cassette avec des jouets, que j’ai perdus pour mon malheur ? Tout à l’heure, nous courions chez Alcésimarque pour l’empêcher de se tuer, et c’est alors, je pense, que d’effroi je l’aurai laissée tomber.

LAMPADION, à Phanostrate. Maîtresse, c’est bien là notre femme. Écoutons-la une minute.

HALISCA. Ah ! malheureuse, c’est fait de moi ! Que dire à ma maîtresse ? Elle m’avait tant recommandé de bien garder cette cassette, pour que Silénie ait moins de peine à se faire reconnaître de ses parents ! car elle fut donnée toute petite, par une courtisane, à ma maitresse qui la fit passer pour sa fille.

LAMPADION. Voilà notre histoire. D’après tout ce qu’elle dit, elle doit savoir où est votre fille.

HALISCA. Aujourd’hui, elle veut la remettre elle-même à ses vrais parents… Mais, brave homme, votre esprit est ailleurs, tandis que je vous conte mes affaires.

LAMPADION. Point ; je suis tout oreilles, et me régale de ton récit ; mais tout en t’écoutant, j’ai répondu à une question de ma maîtresse. Maintenant je reviens à toi, et si tu as besoin de quelque chose, parle, tu n’as qu’à commander. Que cherchais-tu ?

HALISCA. Cher brave homme, et vous excellente femme, je vous salue.

PHANOSTRATE. Nous te le rendons ; mais que cherches-tu ?

HALISCA. Une trace qui me dise par où a passé certain objet…

PHANOSTRATE. Qu’est-ce ? de quoi s’agit-il ?

HALISCA. D’une chose qui fera du tort aux étrangers, et du chagrin à la famille.