Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/319

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NOTICE SUR CHARANÇON.

Charançon offre la collection à peu près complète des personnages que Plaute aime à faire figurer dans ses pièces : on y trouve un parasite à panse rebondie, éborgné par quelque coupe qu’on lui aura lancée à la tête dans un festin ; un banquier parjure ; un marchand d’esclaves escroc, qui finit par être la dupe ; un militaire fanfaron, ivrogne, joueur : il ne manque que la vieille courtisane enseignant à la jeunesse comment on peut faire un honnête et lucratif commerce de ses charmes. Pour contraste, une jeune fille destinée à un métier qu’elle ne fera point, grâce à la reconnaissance qui termine la pièce ; un jeune amoureux d’un caractère assez rare dans la comédie ancienne, car s’il est ardemment épris, et s’il ressemble en cela à tous les amoureux de Plaute et de Térence, il montre en même temps une timidité qui pourrait faire croire à de la froideur.

À part l’exposition, qui est toute en action et qui remplit le premier acte, on peut dire qu’il y a peu d’action dans le Charançon ; ce n’est pas moins une des comédies les plus intéressantes de Plaute, non pour l’art dramatique, non pour le jeu des passions, mais pour les curieux renseignements dont elle abonde sur les mœurs de l’antiquité, et sur cette classe de gens qui se livraient dans Rome à toutes les industries honteuses. L’intermède que vient chanter le directeur de la troupe au commencement du quatrième acte mérite d’être lu à plus d’un égard. L’action languit, il est