Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/355

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NOTICE SUR ÉPIDIQUE.

Épidique était la comédie favorite de Plaute, comme il nous le dit lui-même dans ses Bacchis[1], et d’autre part Cicéron en parle avec éloge. Il est assez vraisemblable aussi que c’était une des pièces qui plaisaient le plus aux Romains, tant pour les traits satiriques qu’elle décoche au premier acte contre les riches et les sénateurs, que par la gaieté et l’entrain avec lesquels elle est conduite.

L’intrigue d’Épidique est peut-être un peu trop compliquée, s’il faut s’en rapporter à quelques critiques: nous ne sommes pas de cet avis, elle nous semble tout au contraire aussi claire que possible. Les incidents sont plus multipliés, il est vrai, que dans les autres comédies du théâtre de Plaute ; mais les incidents, quand ils sont savamment agencés, n’empêchent pas de suivre l’action et lui donnent plus de verve et de chaleur.

On loue dans Épidique l’exposition, qui est en effet une des plus animées et des plus adroites que nous connaissions. Thesprion arrive de l’armée et raconte à Épidique ce qui s’y est passé ; Épidique, à son tour, met Thesprion au courant des événements de la ville. Le spectateur se trouve instruit par un dialogue des plus amusants, et non par cette intervention trop fréquente d’un Dieu prologue ou d’un chef

  1. Etiam Epidicum, quam ego fabulam œque ac me ipsum amo,
    Nullam aeque invitus specto, si agit Pellio.

    « Ainsi l’Épidicius, une pièce que j’aime comme la prunelle de mes yeux, il n’y en a pas que je trouve plus assommante, quand c’est Pellion qui la joue. » (Voy. ci-dessus, p. 153.)