Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/369

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PÉRIPHANE. Ah ! je suis égorgé !

ÉPIDIQUE. Elle ajoutait qu’elle avait tout appris de là jeune fille même et qu’elle avait vu la lettre.

PÉRIPHANE. Que faire ? que me conseillez-vous, Apécide ?

APÉCIDE. Il faut trouver sur-le-champ quelque heureux expédient ; car il va arriver d’un moment à l’autre, s’il n’est déjà ici.

ÉPIDIQUE. Si j’osais avoir plus d’esprit que vous deux, je vous donnerais un fameux conseil, qui vous sourirait, je pense, à l’un et à l’autre.

PÉRIPHANE. Voyons, Épidique.

ÉPIDIQUE. C’est tout à fait votre affaire.

APÉCIDE. Que tardes-tu à parler ?

ÉPIDIQUE. À vous l’honneur, car vous êtes plus fins que nous ; notre tour ne vient qu’ensuite.

APÉCIDE. Ça, voyons, parle.

ÉPIDIQUE. Mais vous vous moquerez de moi.

APÉCIDE. Non pas, je te le promets.

ÉPIDIQUE. Au reste, si mon conseil est de votre goût, profitez-en ; sinon, trouvez mieux. Je ne suis pouf rien là-dedans, si ce n’est mon désir de vous être utile.

PÉRIPHANE. Grand merci ; mais fais-nous part de ta bonne idée.

ÉPIDIQUE. Cherchez vitement une femme à votre fils ; quant à cette joueuse de lyre qu’il veut affranchir et qui vous le débauche, il faut la punir, et faire si bien qu’elle soit esclave jusqu’à sa mort.

APÉCIDE. C’est cela même.

PÉRIPHANE. Je consens à tout, pourvu que cela se fasse.

ÉPIDIQUE. Eh ! c’est juste le moment, avant qu’il soit de retour ; car il sera ici demain, mais pas aujourd’hui.

PÉRIPHANE. Qu’en sais-tu ?

ÉPIDIQUE. Je le sais. Un de ceux qui reviennent de là-bas m’a dit qu’il arriverait demain matin.

PÉRIPHANE. Que faire alors ? parle.

ÉPIDIQUE. Voici mon avis. Faites comme si vous Vouliez, pour votre propre satisfaction, affranchir la joueuse de lyre ; faites semblant d’en être amoureux à la folie.

PÉRIPHANE. Eh ! à quoi bon ?

ÉPIDIQUE. Vous le demandez ? C’est afin de l’acheter avant le retour de votre fils, et de dire que vous l’achetez pour l’affranchir.