Page:Plaute - Comédies, traduction Sommer, 1876, tome 1.djvu/387

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



ÉPIDIQUE. Les faits vous éclairciront tout cela ; entrez seulement.

PÉRIPHANE. Oh, oh ! il y a quelque mystère ; gardez-le bien, Apécide. (Il entre chez lui.)

APÉCIDE. Qu’y a-t-il donc, Épidique ?

ÉPIDIQUE. Par Hercule, c’est une injustice criante que je sois ainsi garrotté, moi qui viens aujourd’hui de lui retrouver sa fille.

APÉCIDE. Comment ! tu as retrouvé sa fille ?

ÉPIDIQUE. Oui, elle est chez lui. Il est bien dur de recueillir le mal pour le bien qu’on a fait.

APÉCIDE. Nous avions grand besoin de nous mettre sur les dents à la chercher par la ville !

ÉPIDIQUE. Je me suis fatigué à trouver, moi, et vous à chercher.

PÉRIPHANE, sortant de la maison et parlant à ses enfants. Qu’est-il besoin de tant me prier ? je le vois, il a mérité qu’on le traite selon ses mérites. (À Épidique.) Ça, tes mains, que je les détache.

ÉPIDIQUE. Ne me touchez pas.

PÉRIPHANE. Donne vite.

ÉPIDIQUE. Non.

PÉRIPHANE. Tu as tort.

ÉPIDIQUE. Non ; si vous ne me donnez satisfaction, par Hercule ! je ne me laisserai pas délier.

PÉRIPHANE. Ta demande est de toute justice : tu auras donc des souliers, une tunique, un manteau.

ÉPIDIQUE. Et avec cela ?

PÉRIPHANE. La liberté.

ÉPIDIQUE. Et encore ? Il faut au nouvel affranchi de quoi mettre sous la dent.

PÉRIPHANE. On y pourvoira ; je te nourrirai. (Il veut le délier.)

ÉPIDIQUE. Par Hercule, vous ne me délierez point si vous ne m’en priez.

PÉRIPHANE. Je t’en prie, Épidique, pardonne-moi si je t’ai offensé sans le vouloir. En récompense, sois libre.

ÉPIDIQUE. C’est à regret que je vous pardonne, mais la nécessité m’y contraint. Déliez-moi donc, si vous voulez.