Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 1.djvu/101

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de se couper les cheveux fut, pour cette raison, appelée Théséide. Les Abantes n’avaient pris cette coutume ni des Arabes, comme l’ont cru quelques auteurs, ni des Mysiens. C’étaient des peuples très belliqueux, qui serraient de près l’ennemi, et avaient plus qu’aucune autre nation l’habitude de combattre corps à corps, selon qu’Archiloque leur en rend témoignage dans ces vers : De la fronde et de l’arc ils ignorent l’usage ; Et lorsque dans leur camp le démon des combats Vient donner le signal à leur bouillant courage, Le fer étincelant dont ils arment leur bras Fait éclater partout leur valeur indomptée ; Sous leurs terribles coups tombent des rangs entiers. C’est là le seul combat connu de ces guerriers Qui vivent sur les bords de la fertile Eubée. Ils ne voulaient donc pas que les ennemis pussent les saisir aux cheveux, et se les faisaient couper par devant. Ce fut, dit-on, pour la même raison qu’Alexandre commanda à ses généraux de faire raser les Macédoniens : il croyait que la barbe donnait à l’ennemi la prise la plus facile.

VI. Éthra cachait toujours avec soin la véritable origine de Thésée, et Pitthée faisait courir le bruit qu’il était fils de Poséidon. Les Trézéniens honorent singulièrement ce dieu, qu’ils regardent comme le protecteur de leur ville ; ils lui consacrent les prémices de leurs fruits, et ont