Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/18

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hauts, on craignait que son tempérament n'en fût altéré.

IV. Arrivé à Athènes, il prit les leçons d'Antiochus l'Ascalonite, dont il aimait la douceur et la grâce, quoiqu'il n'approuvât pas les nouvelles opinions qu'il avait établies. Antiochus s'était déjà séparé de la nouvelle Académie, et de l'école de Carnéade, soit qu'il en eût été détaché par l'évidence des choses, et par son adhésion au rapport des sens ; soit, comme d'autres le veulent, que la jalousie et le désir de contester avec les disciples de Clitomachus et de Philon lui eussent fait changer de sentiment, et embrasser la plupart des dogmes du Portique. Cicéron aimait beaucoup la philosophie, et s'attachait de plus en plus à son étude ; déjà même il projetait, si jamais il était forcé d'abandonner les affaires et de renoncer au barreau et aux assemblées publiques, de se retirer à Athènes pour y mener une vie tranquille, dans le sein de la philosophie. Lorsqu'il apprit la mort de Sylla, et qu'il sentit que son corps, fortifié par l'exercice, avait repris toute sa vigueur ; que sa voix, bien formée, était devenue plus forte à la fois et plus douce, et assez proportionnée à son tempérament ; pressé d'ailleurs par ses amis de revenir dans sa patrie ; exhorté enfin par Antiochus à