Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/24

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journée ne suffisant pas pour la plaidoirie, la cause ne fût pas jugée. Cicéron s'étant levé, dit qu'il n'avait pas besoin de plaider, et produisant les témoins sur chaque fait, il les fit interroger, et obligea les juges de prononcer. On rapporte cependant plusieurs bons mots qu'il dit dans le cours de ce procès. Les Romains appellent, en leur langue, le pourceau, Verrès ; et comme un affranchi, nommé Cécilius, qui passait pour être de la religion des Juifs, voulait écarter les Siciliens de la cause, afin de se porter lui-même pour accusateur de Verrès : « Que peut avoir de commun un Juif avec un verrat ? » dit Cicéron. Verrès avait un fils qui passait pour ne pas user honnêtement de sa jeunesse. Un jour Verrès ayant osé traiter Cicéron d'efféminé : « Ce sont, lui répondit l'orateur, des reproches qu'il faut faire à ses enfants les portes fermées. »

L'orateur Hortensius n'osa pas se charger ouvertement de défendre Verrès : mais on obtint de lui de se trouver au jugement, lorsqu'il s'agirait de fixer l'amende qu'on prononcerait contre l'accusé. Il reçut pour prix de cette complaisance un sphinx d'ivoire ; et Cicéron lui ayant dit un jour quelques mots équivoques, Hortensius lui répondit qu'il ne savait pas deviner les énigmes : « Vous avez pourtant