Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/41

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ont déjà rempli leur destinée, Cinna et Sylla ; vous êtes le troisième que la fortune appelle à la monarchie ; recevez-la sans balancer, et ne laissez pas échapper, comme Catilina, l'occasion favorable qui se présente. »

XVIII. D'après ces hautes promesses, Lentulus ne forma plus que de vastes projets ; il résolut de massacrer tout le sénat, de faire périr autant de citoyens qu'il pourrait, de mettre le feu à la ville, et de n'épargner que les fils de Pompée, qu'il enlèverait et garderait chez lui avec soin, pour avoir en eux des otages qui lui faciliteraient sa paix avec leur père ; car c'était un bruit général, et qui paraissait certain, que Pompée revenait de sa grande expédition d'Asie. L'exécution de leur complot était fixée à une nuit des fêtes Saturnales. Ils avaient déjà caché dans la maison de Céthégus des épées, des étoupes et du soufre : ils avaient divisé la ville en cent quartiers, à chacun desquels était attaché un de leurs complices désigné par le sort, afin que le feu prenant à la fois en plusieurs endroits, la ville fût plus tôt embrasée. D'autres devaient être placés auprès de tous les conduits d'eau, pour tuer ceux qui viendraient en puiser.

Pendant qu'ils faisaient ainsi leurs dispositions, il se trouvait à Rome deux ambassadeurs