Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/43

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complices, et qui l'informèrent des relations que les conjurés avaient eues avec les ambassadeurs. Il mit donc des gens en embuscade pendant la nuit ; et les deux Allobroges étant secrètement d'intelligence avec lui, il fit arrêter le Crotoniate, et saisir les lettres dont il était chargé.

XIX. Cicéron, dès le matin, assembla le sénat dans le temple de la Concorde, fit la lecture des lettres qu'on avait saisies, et entendit les dépositions. Julius Silanus déclara que plusieurs personnes avaient entendu dire à Céthégus qu'il y aurait trois consuls et quatre préteurs d'égorgés. Pison, homme consulaire, fit une déposition à peu près semblable ; et Caïus Sulpicius, l'un des préteurs, qui fut envoyé dans la maison de Céthégus, y trouva une grande quantité d'armes et de traits, surtout d'épées et de poignards, fraîchement aiguisés. Le Crotoniate, sur la promesse de l'impunité que lui fit le sénat s'il voulait tout avouer, convainquit si bien Lentulus, qu'il se démit sur-le-champ de la préture, quitta, dans le sénat même, sa robe de pourpre, en prit une plus conforme à sa situation présente, et fut remis avec ses complices à la garde des préteurs, dont les maisons leur servirent de prison. Comme il était déjà tard, et que le peuple attendait en foule à