Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/53

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d'appeler Théophraste ses délices. On lui demandait un jour quelle oraison de Démosthène il trouvait la plus belle. « La plus longue, » répondit-il. Cependant quelques partisans de Démosthène lui reprochent d'avoir dit, dans une de ses lettres à ses amis, que cet orateur sommeille quelquefois dans ses discours. Mais ces censeurs ne se souviennent pas apparemment des éloges admirables qu'il donne à Démosthène en plusieurs endroits de ses ouvrages, ils oublient que les oraisons qu'il a travaillées avec le plus de soin ; celles qu'il a faites contre Antoine, il les a appelées Philippiques, du nom de celles de Démosthène contre Philippe.

De tous les orateurs et de tous les philosophes célèbres de son temps, il n'en est pas un seul dont il n'ait augmenté la réputation dans ses discours ou dans ses écrits. Il appuya de tout son crédit auprès de César, déjà dictateur, Cratippe, le philosophe péripatéticien, pour lui faire avoir le droit de bourgeoisie à Rome. Il lui fit obtenir aussi de l'aréopage un décret par lequel ce sénat le priait de rester à Athènes, pour y être un des ornements de la ville, et instruire les jeunes gens dans la philosophie. On a encore des lettres de Cicéron à Hérode et d'autres écrites à son fils pour