Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/66

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sortirent en poussant de grands cris, et déchirant leurs robes. Un spectacle si triste n'excitant ni la compassion ni la honte de ces scélérats, il fallait on que Cicéron sortît de Rome, ou qu'il en vînt aux mains avec Clodius. Il implora le secours de Pompée, qui s'était éloigné à dessein, et se tenait à la campagne, dans sa maison d'Albe. Après lui avoir envoyé d'abord Pison, son gendre, Cicéron y alla lui-même. Mais, prévenir de son arrivée, Pompée n'osa soutenir sa vue. Il aurait eu trop de honte de voir, dans cet état d'humiliation, un homme qui avait livré pour lui de si grands combats, qui, dans son administration publique, lui avait rendu les services les plus importants ; mais, devenir le gendre de César, il sacrifiait à son beau-père une ancienne reconnaissance ; et étant sorti par une porte de derrière, il évita cette entrevue.

Cicéron, trahi par Pompée et abandonné de tout le monde, eut enfin recours aux consuls. Gabinius le traita toujours avec beaucoup de dureté ; mais Pison, lui parlant avec douceur, lui conseilla de se retirer, de céder pour quelque temps à la fougue de Clodius, de supporter patiemment ce revers de fortune, et d'être une seconde fois le sauveur de sa patrie, qui se trouvait, à son occasion, agitée de séditions et menacée des plus grands maux. Cicéron délibéra