Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/67

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sur cette réponse avec ses amis. Lucullus fut d'avis qu'il restât, l'assurant qu'il triompherait de ses ennemis ; mais tous les autres lui conseillèrent de s'exiler lui-même pour un temps, persuadés que le peuple, quand il serait las des folies et des fureurs de Clodius, ne tarderait pas à le regretter. Cicéron prit ce dernier parti : il avait depuis longtemps dans sa maison une statue de Minerve, qu'il honorait singulièrement ; il la prit, la porta dans le Capitole, où il la consacra, après y avoir mis cette inscription : À MINERVE, PROTECTRICE DE ROME. Il se fit escorter par les gens de quelques-uns de ses amis, et prit à pied le chemin de la Lucanie, pour se rendre de là en Sicile.

XXXII. Dès qu'on fut informé de sa fuite, Clodius fit rendre contre lui un décret de bannissement, et afficher dans toutes les rues la défense de lui donner l'eau et le feu, et de le recevoir dans les maisons, à la distance de cinq cents milles de l'Italie. Mais le respect qu'on avait pour Cicéron fit généralement mépriser cette défense ; on le recevait partout avec empressement, et on l'accompagnait en lui témoignant les plus grands égards. Seulement dans une ville de la Lucanie, appelée alors Hipponium et aujourd'hui Vibone, un Sicilien, nommé