Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/72

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Clodius, au contraire il blâmait son administration ; mais il représentait que le sénat ne pourrait sans injustice, et sans un abus d'autorité, annuler tous les actes faits pendant le tribunat de Clodius, dont un, entre autres, était la commission qui lui avait été donnée à lui-même pour aller dans l'île de Cypre et à Byzance, avec tout ce qu'il avait fait dans ces deux villes. Cette dispute brouilla Caton et Cicéron ; non qu'ils en vinssent à une rupture ouverte ; mais ils vécurent ensemble avec moins d'intimité.

XXXV. Peu de temps après, Milon tua Clodius ; et, traduit en justice pour ce meurtre, il chargea Cicéron de sa défense. Le sénat, qui craignit que le danger où se trouvait un homme de la réputation et du courage de Milon ne causât quelque trouble dans la ville, chargea Pompée de présider à ce jugement, ainsi qu'à tous les autres procès, et de maintenir la sûreté dans la ville et dans les tribunaux. Pompée ayant, dès avant le jour, garni de soldats toute l'étendue de la place, et Milon craignant que Cicéron, troublé par la vue de ces armes auxquelles il n'était pas accoutumé, ne plaide pas avec son éloquence ordinaire, le persuada de se faire porter en litière sur la place, et de s'y tenir tranquille jusqu'à ce que les juges eussent pris séance, et que le tribunal fût rempli, car Cicéron, naturellement