Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/86

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et surtout à Cicéron. Comme il voyait la puissance de cet orateur dans le gouvernement se fortifier de jour en jour, le sachant d'ailleurs intime ami de Brutus, il supportait impatiemment sa présence. L'opposition de leurs mours avait fait mettre depuis longtemps entre eux des soupçons et de la défiance. Cicéron, qui redoutait sa mauvaise volonté, voulut d'abord aller en Syrie, comme lieutenant de Dolabella ; mais Hirtius et Pansa, deux hommes vertueux, et partisans de Cicéron, qui devaient succéder à Antoine dans le consulat, conjurèrent Cicéron de ne pas les abandonner, se promettant, s'ils l'avaient avec eux à Rome, de détruire la puissance d'Antoine. Cicéron, sans refuser de les croire, mais sans ajouter trop de foi à leurs paroles, laissa partir Dolabella ; et après être convenu avec Hirtius qu'il irait passer l'été à Athènes, et qu'il reviendrait à Rome dès qu'ils auraient pris possession du consulat, il s'embarqua seul pour la Grèce. Sa navigation ayant éprouvé du retard, il recevait tous les jours des nouvelles de Rome, qui l'assuraient, comme il est ordinaire en pareil cas, qu'il s'était fait dans Antoine un changement merveilleux ; qu'il ne faisait rien qu'au gré du sénat, et qu'il ne fallait plus que la présence de Cicéron pour donner aux affaires la