Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/89

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s'approcha, Jupiter étendit sa main vers lui : « Romains, dit-il, voilà le chef qui terminera vos guerres civiles. » Ce songe imprima si vivement dans l'esprit de Cicéron l'image de ce jeune homme, qu'elle y resta toujours empreinte. Il ne le connaissait pas ; mais le lendemain il descendit au Champ de Mars, à l'heure où les enfants revenaient de leurs exercices ; le premier qui s'offrit à lui fut le jeune César, tel qu'il l'avait vu dans le songe. Frappé de cette rencontre, il lui demanda le nom de ses parents. Son père s'appelait Octavius, homme d'une naissance peu illustre ; sa mère Attia était nièce de César, lequel, n'ayant point d'enfants, l'avait, par son testament, institué héritier de sa maison et de ses biens.

On dit que, depuis cette aventure, Cicéron ne rencontrait jamais cet enfant sans lui parler avec amitié, et lui faire des caresses que le jeune César recevait avec plaisir ; d'ailleurs le hasard avait fait qu'il était né sous le consulat de Cicéron.

XLV. Voilà les causes qu'on a données de son affection pour ce jeune homme : mais les véritables motifs de cet attachement furent d'abord sa haine contre Antoine ensuite son caractère, qui, toujours faible contre les honneurs, lui donna ce goût pour César, dans l'espérance qu'il ferait servir au bien de la république