Page:Plutarque - Vies, traduction Ricard, 1829, tome 13.djvu/95

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Les uns croassaient avec grand bruit, les autres frappaient à coups de bec sur les cordages. Tout le monde regarda ce signe comme très menaçant. Cicéron, après être débarqué, entra dans sa maison, et se coucha pour prendre du repos : mais la plupart de ces corbeaux, étant venus se poser sur la fenêtre de sa chambre, jetaient des cris effrayants. Il y en eut un qui, volant sur son lit, retira avec son bec le pan de la robe dont Cicéron s'était couvert le visage. À cette vue, ses domestiques se reprochèrent leur lâcheté. « Attendrons-nous, disaient-ils, d'être ici les témoins du meurtre de notre maître ? et lorsque des animaux mêmes, touchés du sort indigne qu'il éprouve, viennent à son secours, et veillent au soin de ses jours, ne ferons-nous rien pour sa conservation ?» En disant ces mots, ils le mettent dans une litière, autant par prières que par force, et prennent le chemin de la mer.

XLVIII. Ils étaient à peine sortis, que les meurtriers arrivèrent : c'était un centurion nommé Hérennius, et Popilius, tribun de soldats, celui que Cicéron avait autrefois défendu dans une accusation de parricide. Ils étaient suivis de quelques satellites. Ayant trouvé les portes fermées, ils les enfoncèrent. Cicéron ne paraissant