Page:Poe - Contes inédits traduction William L. Hughes, Hetzel.djvu/6

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du conteur américain, le Sphinx, par exemple, que nous offrons traduit pour la première fois. — Lorsque, au contraire, le sentiment qui le dilate ou qui l’oppresse est bien défini ; lorsqu’il peut, sans crainte de le briser, verser dans ce cadre bien limité les richesses de son imagination et les trésors de son cœur, Edgar Poe écrit Éléonore, — un rêve, un pays d’amour, dont la description doit être égalée aux plus belles expressions connues du génie poétique. On voit aussi ce qu’il aurait pu faire du drame romantique par un admirable fragment : Politien, où vivent des caractères vraiment humains, agités de ces passions turbulentes ou concentrées qui sont elles-mêmes le reflet de l’âme du poëte. — Mais que sert d’insister plus longtemps ? L’œuvre est sous les yeux du lecteur qui peut la juger, et qui la lira certainement avec ce singulier plaisir qui consiste à se défier d’abord des émotions étranges, puis à se sentir lentement pénétrer et entraîner par ce qu’elles ont de vrai, d’humain et d’éternel.