Page:Poe - Eureka trad. Baudelaire 1864.djvu/134

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nous nous sommes efforcés de concevoir, simplement pour l’amour de la discussion, il n’y aurait eu aucune aggrégation de Matière, — ni étoiles, ni mondes, — rien qu’un Univers éternellement atomique et illogique. En effet, de quelque façon que vous considériez la chose, l’idée d’une Matière illimitée est non-seulement insoutenable, mais impossible et perturbatrice de tout ordre.

En nous figurant les atomes compris dans une sphère, nous concevons tout de suite une satisfaction possible pour la tendance à la réunion. Le résultat général de la tendance de chacun vers chacun étant une tendance de tous vers le centre, la marche générale de la condensation, ou le rapprochement, commence immédiatement, par un mouvement commun et simultané, avec la retraite de la Volition Divine ; les rapprochements individuels ou coalescences — non pas fusions — d’atome à atome étant sujets à des variations presque infinies dans le temps, le degré et la condition, en raison de l’excessive multiplicité de rapports produite par les différences de forme qui caractérisaient les atomes