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LA VICTOIRE

Visite de Mgr Baudrillart, candidat à l’Académie française.


Jeudi 24 janvier.

Herbette m’apporte de la part de Pichon un dossier très volumineux de lettres intimes de Kiderlen, relatives à l’affaire d’Agadir.


Vendredi 25 janvier.

Lyon-Caen, nommé secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences morales et politiques, me rapporte que le général Bourgeois, du service géographique, est allé en Italie pour inspecter l’organisation de notre artillerie. Bourgeois trouve déplorables les méthodes de l’artillerie italienne et il croit nécessaire que nous fassions accepter les nôtres. Il a constaté, comme Foch, l’insuffisance des cadres italiens et la valeur du soldat. Il croit une offensive possible soit vers le Trentin, soit sur le Piave. Fayolle juge difficile l’offensive sur le Piave, à cause de la nécessité de construire des ponts qui seraient battus par l’artillerie autrichienne ; mais il croit qu’on pourrait, à la fonte des neiges, marcher sur le Trentin. Il a exposé ses vues à Foch et à Pétain qu’il n’a pas convaincus.


Dimanche 27 janvier.

Pichon m’annonce que, d’accord avec Clemenceau, il a préparé une déclaration commune des Alliés sur les buts de guerre, en réponse aux discours allemands et autrichiens. Il m’en enverra, ajoute-t-il, le texte demain. Il le soumettra à Orlando et à Lloyd George, puis, s’ils sont d’accord, à Wilson et au Japon.

Les États-Unis ont fait savoir, par une note de Sharp, qu’ils recommanderaient au Japon de ne pas exercer de pression dans les affaires russes.