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PRÉOCCUPATIONS DE M. ALBERT LEBRUN

partir du 1er avril. Les usines doivent être rallumées à partir du 15 mars. « Je demande au Conseil de réclamer, en tout cas, l’envoi de destroyers anglais, ou même japonais. »

Le Comité s’occupe ensuite des combustibles de chemins de fer. L’Est n’a que pour quelques jours de charbon. L’État en a pour un mois. Sur la proposition de Loucheur, il est décidé que les arrivages quotidiens destinés à l’État seront dirigés sur l’Est, jusqu’à ce que le stock de l’État soit réduit à dix jours.

Pichon expose les dépenses qu’il a faites et qu’il se propose de faire pour la propagande à l’étranger et il me fait signer, en Comité de guerre, son quitus de 1917.

Après le Comité, Albert Lebrun vient me dire : 1° qu’il est préoccupé de la situation au Maroc, d’où Clemenceau retire des troupes, contrairement à l’avis de Lyautey ; 2° qu’il trouve déplorable la démission de Vollenhoven et surtout les incidents qui l’ont provoquée, dont la mission Diagne ; 3° il ajoute que Messimy a présenté Vollenhoven à Clemenceau, qui a reconnu avoir été mal renseigné, mais n’en a pas moins dit à Lebrun : « Recommandez donc à votre ami de changer de nom. » Or, Vollenhoven, Hollandais d’origine, est un excellent Français qui a été blessé au front et qui a eu deux fils tués à la guerre ; 4° Lebrun me déclare que, d’une façon générale, beaucoup trop de décisions sont prises sans que le Conseil des ministres ait été consulté. Il m’est difficile de contester le bien-fondé de ces observations.

À propos de la propagande en Suède, le nom de notre ministre Thiébaut avait été prononcé en Comité. Aussitôt Clemenceau a fait une charge à fond de train contre Thiébaut, puis contre Chevalley, ministre en Norvège ; il les trouve tous deux insuffisants et voudrait les remplacer eux