Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 5, 1929.djvu/282

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voyage de conserve, tant pour donner à la population un témoignage d’intérêt que pour examiner certaines questions importantes : celle de l’évacuation de la banlieue que le général Gallieni désire faire régler en vue d’un investissement qu’il croit toujours possible, celle des relations de M. Paul Doumer avec le préfet de la Seine et le préfet de police, et l’on ajoute sérieusement : celle des rapports de la Guerre sociale avec M. Lichtenberger, comme s’il n’était pas déjà certain que le ci-devant révolutionnaire M. Gustave Hervé a été transformé en ardent patriote par une guerre qui, celle-ci, n’a rien de social.

Arrive M. Quiñones de Leon, qui est allé trouver le roi d’Espagne à la Granja. Alphonse XIII nous fait dire qu’il aurait vivement désiré nous vendre des fusils, mais l’année espagnole en a à peine pour son propre usage. Il se peut toujours qu’éclatent à l’improviste de. mouvements carlistes ou des émeutes populaires et qu’il les faille réprimer. Toutes les propositions faites par des particuliers et venues aux oreilles de M. André Lefèvre et de M. Millerand paraissent donc des mystifications ou des entreprises suspectes. Voilà encore des perspectives de fournitures qui disparaissent. Il ne nous reste qu’à intensifier notre fabrication.

Dans l’après-midi, télégramme de Joffre : notre action se poursuit sur toute la ligne. Un nouveau combat a eu lieu dans la région de Montmirail, centre des arrière-gardes ennemies. Des arrière-gardes ! Ce mot, à lui seul, nous remplit d’espoir et nous donne la vision de l’ennemi en fuite devant nos soldats qui le poursuivent.

Dans la soirée, nouveau télégramme du G. Q. G.