Page:Poincaré - Au service de la France, neuf années de souvenirs, Tome 5, 1929.djvu/331

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


l’Aisne. Le général en chef estime pourtant que nos troupes sont encore inférieures en instruction et en tir aux troupes ennemies. Elles n’ont pour elles que leur courage et leur entrain, qui ne faiblissent jamais.

Notre flotte de l’Adriatique vient de débarquer à Antivari deux batteries destinées à être hissées au sommet du mont Lovçen. Dès qu’elles seront installées, elles tireront sur les bateaux de guerre autrichiens qui se sont abrités dans la baie de Cattaro. Tous ces noms qui évoquaient hier dans mon esprit de si lumineux souvenirs de croisière résonnent maintenant à mes oreilles avec un accent guerrier. Nous prévenons l’ Italie de nos intentions. Elles ne sont pas de nature à lui déplaire.


Mardi 22 septembre

M. Aubert, préfet de la Meuse, m’envoie de nouveaux détails sur les ravages dont ce malheureux département a souffert. Depuis le début des hostilités quelques villes et de nombreux villages sont détruits en tout ou en partie : Auzécourt, Brabant-le-Roi, Laheycourt, Laimont, Louppy-le-Château, Mussey, Neuville-sur-Orne, Pretz-en-Argonne, Revigny, Sommeilles, Triaucourt, Vassincourt, Vaubecourt, Villotte devant Louppy, Villers-aux-Vents, Beauzée, Rembercourt-aux-Pots, Nubécourt, Clermont-en-Argonne, Montfaucon, Varennes-en-Argonne, Erize-la-Petite, Mognéville, et la liste ne comprend ni les communes du nord, ni celles de l’est. La totalité de l’arrondissement de Montmédy et une grande partie de celui de Verdun sont encore occupés par l’ennemi. Les ruines n’y doivent pas être moindres que dans le sud. La jolie petite ville d’Étain n’est plus, parait-