Page:Poincaré - Sciences et Humanités, 1911.djvu/24

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adolescents, et que les méthodes universitaires actuelles ont pour résultat de le faire avorter et de le détruire. Il critique donc vivement nos nouveaux programmes, et la part, excessive d’après lui, qu’on y fait aux mathématiques, et il ajoute la phrase suivante que je crois devoir citer en entier :

« Pendant longtemps, il y avait au moins une compensation à ce triste état de choses. Au sortir des humanités, le jeune homme possédait une certaine connaissance des langues anciennes, et cela, en dehors d’une utilité morale supérieure, n’était pas sans de sérieux avantages pour le futur naturaliste. Habilement conduites, ces études littéraires pouvaient même fournir à l’esprit de l’apprenti morphologiste une excellente préparation pour ses futurs travaux. L’analyse linguistique révèle bientôt, à une intelligence avertie, des lois de structure et d’évolution des formes du langage, tout à fait comparables à celles qu’on peut déduire de l’observation des êtres vivants ».

Il va sans dire que je ne souscris pas sans réserve à ce qu’il dit contre les mathématiques. Les lignes qu’on vient de lire peuvent cependant