Page:Poncelin - Courier francais Assemblee nationale 1er mai-25 juin 1790, V5.djvu/5

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


milieu de la salle, en rappelant M. Lavie à l’ordre ; mais l’orateur a démontré quee fon apoftrophe ne s’adreffoit qu'au chapitre de Strasbourg, & qu’elle ne conçernait aucun député ; & cette interprétation a calmé les esprits Puis on eft allé aux voix, à la pluralité defquelles l'offre patriotique a été refufée. Ce qu'il y a d’extraordinaire, les noirs eux-mêmes fe font levés pour le refus ; & l’on eût été tenté de croire que cette offre-là à l’occafion de laquelle on s’eft écrié dans la salle timeo danaes, n'étoit qu’un piège tendu à la bonne-foi de l’Affemblée nationale, & qui avoit pour objet de profiter de ce refus pour démontrer au peuple la bonne volonté du clergé en faveur de la nation.

M. d’Augeard, préfident du parlement de Bordeaux, a enfuite été introduit à la barre, où on lui a lu le décret qui improuve la conduire de cette cour, fur fon arrêt rendu à l’occafion des troubles de la province. Ce magiftrat s’eft retiré tout auffitôt, après avoir falué, tant en entrant qu’en sortant, l’Affemblée notionale, en commençant par le cul-de-fac des noirs. Puis M. Vieillard a fait le rapport des troubles qui fe font élevés à Dieppe & aux environs ; de la difette alarmante dès grains qui commence à affliger cette partie de la Normandie ; de l'infurrection d’un grand nombre de journaliers & de gens défoeuvrés, qui ont forcé à main armée les municipalités à taxer les grains à bas prix, d’en faire des recherches dans le domicile des laboureurs, & en avoient empêché la circulation intérieure. Dans cet état fâcheux, la ville de Dieppe demandoit des fecours à l’Affemblée, laquelle a rendu le décret fuivant, après avoir entendu fur cela M. Bourdon, & un autre député de Caux.

L’Affemblée nationale, après avoir entendu fon comité des rapports, déclare attentatoires à la liberté publique & à l’autorité de fes décrets, & comme telles annulle toutes délibérations qui, de quelque manière que ce puifle être, ont été prife par plusieurs municipalités, pour obliger les laboureurs à fournir des blés à un prix courant, & pour interdire la libre circulation des grains dans le royaume

Décrète que fon préfident fe retira pardevers le Roi pour supplier Sa Majefté de donner les ordres néceffaires ;