Page:Ponchon - La Muse au cabaret, 1920.djvu/176

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


« Et pourquoi faire — direz-vous —
Met-on ces oignons dans le beurre ? >
Pourquoi faire ?… triples couyons,
J’espère… une soupe à l’oignon.
Vous allez voir ça tout à l’heure !

Je m’invite, n’en doutez pas.
Et j’en veux manger, de ce pas,
À pleine louche, à pleine écuelle…
Ne me regardez pas ainsi,
C’est ma façon habituelle.
La soupe à l’oignon, Dieu merci !
Ne m’a jamais porté dommage.
Ainsi, la mère, encore un coup,
Insistez, faites en beaucoup,
Et n’épargnez pas le fromage.

Elle est prête ?… Alors, on s’y met.
Ô simple et délicat fumet !
Tous les parfums de l’Arabie
Et que l’Orient distilla,
Ne valent pas une roupie
De singe, auprès de celui-là.
Et puis !… quel fromage énergique !
File-t-il, cré nom ! file-t-il !
Si l’on ne lui coupe le fil,
Il va filer jusqu’en Belgique !

On me dirait dans cet instant :
La Fortune est là qui t’attend.