Page:Porto-Riche - Bonheur manqué, 1889.djvu/52

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Je suis planté sur le trottoir
Quand elle passe d’aventure ;
Ma voiture suit sa voiture,
Et j’écrivasse chaque soir.

J’ai consumé bien des bougies
À rimer des vers incompris ;
Un plus habile, un moins épris,
N’aurait pas fait des élégies.

Un autre, hélas ! sans l’ahurir
De son amour exagérée,
Dans un salon l’eût rencontrée ;
Moi, j’ai tâché de l’attendrir.

Avant de pénétrer chez elle,
J’ai voulu son consentement ;
J’ai voulu, romanesque amant,
Qu’elle fut d’abord infidèle.

L’honnête femme avec raison
A refusé de me connaître.
J’ai trop rôdé sous la fenêtre,
Je me suis fermé la maison.