Page:Porto-Riche - Bonheur manqué, 1889.djvu/75

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Je sens partir l’immense joie
D’espérer et de demander ;
Et sur elle je m’apitoie,
En songeant qu’elle peut céder.

Je retrouve la fourberie
Du lovelace que je fus ;
Et je pleure ma gaucherie,
Morte avec son dernier refus.

Si cette femme s’abandonne,
Sur ses lèvres, vais-je puiser
La clairvoyance qui nous donne
Le dégoût du premier baiser ?

Maintenant que le sort prononce,
Vais-je éprouver entre ses bras
La haine sourde qui dénonce
Qu’on n’aime pas, qu’on n’aimait pas ?

Nos victoires sont leurs défaites.
Sa chute proche l’amoindrit :
Je pense aux choses imparfaites
De son corps et de son esprit.