Page:Porto-Riche - Bonheur manqué, 1889.djvu/88

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Aux amoureuses passagères
J’irais porter des bonheurs brefs ;
Et dans des âmes étrangères
Je verserais tous mes griefs.

J’accuserais la bien-aimée
Qui par devoir eut le cœur sec :
Je ternirais sa renommée
Pour diminuer mon échec.

Par mes propos, par ma rancune,
Son cher honneur serait noirci ;
On me croirait sans peine aucune,
Puisque autrefois j’ai réussi…

L’injure, hélas ! suit la rupture.
Les sentiments comme les corps
Doivent tomber en pourriture ;
Il faut salir ses rêves morts.

Sous les rancœurs et sous les blâmes
L’amour défunt enseveli,
Par la vermine, au fond des âmes,
Sera rongé jusqu’à l’oubli.