Page:Potocki - Dix journées de la vie d’Alphonse Van-Worden, 1-3.djvu/176

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il n’avoit jamais subi la torture ; mais n’avoit-il pas souffert entre les mains des chirurgiens mille opérations douloureuses. Je savois qu’il les avoit supportées sans proférer une seule plainte : je résolus de l’imiter, de ne pas me permettre une seule parole ; et s’il étoit possible, de ne pas laisser échapper un soupir. L’inquisiteur se fît donner un fauteuil, s’assit auprès de moi, prit un air doux et patelin, et me tint à peu près ce discours : « Mon cher, mon doux enfant, rends grâce au ciel qui t’a conduit dans ce cachot ; mais, dis-moi, pourquoi y es-tu ? quelles fautes as-tu commises ? Confesse-toi, répands tes larmes dans mon sein. — Tu