Page:Potocki - Dix journées de la vie d’Alphonse Van-Worden, 1-3.djvu/23

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
( 15 )

pendus. On n’en parloit pas comme de revenans ; mais on prétendoit que leurs corps, animés par je ne sais quels démons, se détachoient la nuit et quittoient le gibet, pour aller désoler les vivans. Ce fait passoit pour si certain, qu’un théologien de Salamanque avoit fait une dissertation dans laquelle il prouvoit que les deux pendus étoient des espèces de vampires, et que l’un n’étoit pas plus incroyable que l’autre, ce que les plus incrédules lui accordoient sans peine. Il couroit aussi un certain bruit que ces deux hommes étoient innocens, et qu’ayant été condamnés injustement, ils s’en vengeoient, avec la permission du ciel, sur les voyageurs et les habitans des environs. Comme