Page:Potocki - Dix journées de la vie d’Alphonse Van-Worden, 1-3.djvu/31

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Les heures se passoient ainsi dans un silence profond, lorsque le son inattendu d’une cloche me fît tressaillir. Elle sonna douze coups ; et, comme l’on sait, les revenans n’ont de pouvoir que depuis minuit jusques au premier chant du coq. Je fus surpris, et j’avois raison de l’être, car la cloche n’avoit pas sonné les autres heures, et son tintement me paroissoit avoir quelque chose de lugubre. — Un instant après ; la porte de la chambre s’ouvrit, et je vis entrer une figure toute noire, mais non pas effrayante ; car c’étoit une belle négresse demi-nue, et tenant un flambeau de chaque main.

La négresse vint à moi, me fit une