Page:Potocki - Dix journées de la vie d’Alphonse Van-Worden, 1-3.djvu/42

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rages. Mais, quittez cette table, mettons-nous sur ce sopha ; là, je vous en apprendrai davantage. »

Les négresses se retirèrent. Emina me plaça dans le coin du sopha, et se mit à côté de moi, les jambes croisées sous elle. Zibeddé s’assit de l’autre côté, s’appuya sur mon coussin ; et nous étions si près les uns des autres, que leur haleine se confondoit avec la mienne. Emina parut rêver un instant ; puis me regardant avec l’air du plus vif intérêt, elle prit ma main et me dit : « Cher Alphonse, il est inutile de vous le cacher, ce n’est pas le hasard qui nous amène ici, nous vous attendions. Si la crainte vous eût fait prendre une