Page:Potvin - L'appel de la terre, 1919.djvu/65

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— À la bonne heure, répondit M. Davis ; c’est une excellente idée, M. Duval, cette petite excursion dans le Saguenay, et nous vous en savons gré.

La veille, en effet, l’instituteur avait proposé une excursion aux Caps Trinité et Éternité. Il avait emprunté à cette fin une chaloupe dont il connaissait la rapidité et il comptait pouvoir avoir suffisamment de la journée pour accomplir le voyage.

Gens et paniers embarqués, on partit. Paul n’avait pas trop témérairement présumé des bonnes qualités de la chaloupe. Légère, elle semblait voler sur l’eau ; la brise, du reste, une bonne brise soufflant de l’est, enflait ses voiles et l’on voguait comme en un rève rêve.

Blanche était ravie de cette excursion. Tout l’étonnait : le sillage que traçait l’embarcation dans sa fuite, l’action du vent dans les voiles blanches, les arbres qui filaient de chaque coté et qui étaient si haut, si haut perchés… M. Davis suivait avec attention les manœuvres habiles du maître d’école pour diriger la chaloupe, et il se sentait en parfaite sécurité. Gaston Vandry, assis près de la jeune fille, était toute prévenance pour elle ; mais Blanche semblait fort peu se prêter aux galanteries du muscadin.

« J’ai des idées très arrêtées sur les promenades sur l’eau et dans les montagnes » disait-elle… « Oh ! ce ciel, regardez-moi donc ce ciel, père ! As-tu jamais vu pareil mélange de saphir et d’azur ?… »

— Oh ! mais comme te voilà poète, fillette… Fi ! un bas bleu !…