Page:Potvin - Le tour du Saguenay, historique, légendaire et descriptif, 1920.djvu/171

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le tour du saguenay

À ces tableaux sucrés dont l’immuable face,
Lorsqu’ici-bas tout meurt ou s’écroule ou s’efface,
Tout jusqu’aux noms d’airan,
Garde éternellement, gravé par les tonnerres,
Le sceau du Créateur avec les caractères
De son nom trois fois saint,

À tes flots, noirs coursiers que la tempête anime,
À tes sombres courroux qui parlent de l’abime
Le langage inconnu,
À ton âme qui berce une image infinie,
À tes rochers, à ton mystère, à ton génie,
Ô mon fleuve, salut !

Cet enfant blond d’hier, qui, pieds nus sur la plage,
Ne semblait attentif qu’aux plaisirs de son âge
Sous les embruns d’argent
Rêvait pour te chanter des strophes immortelles,
Et puisque, maintenant, il sait donner des ailes
À son rêve brûlant.

Allez, mes premiers vers, ô naissante harmonie,
Pensers longtemps captifs : au vent de poésie,
Allez, mes alcyons !
Déjà, l’adieu du jour baise le front des cimes,
Envolez-vous aussi vers les faîtes sublimes,
Ô mes premiers rayons !

De l’invisible Roi, de Celui que tout nomme :
L’atome et les soleils et les anges et l’homme,
Par la voix des concerts
Où chaque être est un son dans l’immense univers,