Page:Potvin - Le tour du Saguenay, historique, légendaire et descriptif, 1920.djvu/65

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le tour du saguenay

petits soufflets sur le nez de Gagnon que celle insulte faisait pleurer de rage. Enfin, ne pouvant plus y tenir, il conjura le capitaux de lui délier les mains et de lui donner sa chance contre cet insolent matelot, ce qui lui fut accordé. Nonobstant cela, le matelot voulut continuer son amusement, mais bien mal lui en prit car, du revers de la main seulement, Grenon l’étendit le plancher où il expira quelques minutes après. Gornham, plein d’admiration et comme stupéfait, le fit conduire à terre sans lui faire aucun mal. Grenon regagna en toute hâte la Baie Saint-Paul par les Caps. On cite de Grenon bien d’autres faits aussi extraordinaires et presque incroyables. Sa réputation était telle qu’aujourd’hui on dit encore en proverbe, dans tout le pays de Charlevoix : « fort comme Grenon ».

Ajoutons qu’une de ses filles, Marie, avait hérité de cette force et l’on raconte d’elle aussi des tours de force merveilleux.

Quittons maintenant la Baie Saint-Paul, au souvenir rapidement évoqué de Marie Grenon, et arrivons aux Éboulements.

Bien haute sur la crête des Laurentides, ou aperçoit d’abord une jolie église : c’est l’église paroissiale. À un mille à l’ouest, entouré de jardins, de petits parcs et de massifs, s’élève l’historique manoir de Sales, dont le respecté seigneur, autrefois, « dans son carrosse antique, orné des armoiries de famille, traîné par une blanche haquenée, rappelle les temps d’autrefois, le siècle de Louis XIV », nous dit l’abbé Casgrain. La paroisse des Éboulements fut érigée en 1832 sous le patronage de l’Assomption de Notre-Dame. En arrière du village, les montagnes s’étagent jusqu’à atteindre