Page:Potvin - Le tour du Saguenay, historique, légendaire et descriptif, 1920.djvu/93

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le tour du saguenay

ressant c’est la Baie-des-Rochers, immense découpure dans un rivage partout généralement abrupte. Entre des montagnes dont la hauteur varie de huit cent à mille pieds se trouve, comme enchâssée, une baie d’un mille et demi de profondeur par un demi-mille de largeur. Au milieu de cette baie on voit une île haute et boisée. Le chenal principal est à l’est de cette île. Quand on est au fond de la baie, le fleuve nous paraît comme un lac. Une petite rivière se décharge dans la baie. Le long de la rivière, passe un chemin qui conduit aux quelques vingt maisons qui constituent le village de la Baie-des-Roehers, situé à deux milles à l’intérieur et qui est desservi par le curé de Saint-Siméon. Nous sommes, ici, dans le pays de la chasse et de la pêche. Plus on avance à l’intérieur, plus les lacs poissonneux sont nombreux. On y pêche la truite exclusivement. Les points de vue les plus pittoresques abondent : les lacs sont d’un accès facile.

Deux milles plus bas, nous remarquons l’Échafaud-aux-Basques, ainsi nommé sans doute au souvenir de quelques faits du temps où les Basques remontaient assez haut le Saint-Laurent pour faire la pêche. Jamais on n’a pu préciser l’origine de ce nom.

Vient ensuite Saint-Siméon, village bâti à l’embouchure de la Rivière-Noire. L’église de cette paroisse date de 1874 et c’est l’une des plus belles du comté de Charlevoix.

Depuis que le gouvernement a construit un quai dans le hâvre qui est impropre au mouillage, Saint-Siméon tend, d’année en année, à devenir un summer resort. À l’est de la baie, se décharge la rivière Noire, ainsi