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Peter McLeod

reste, le même objet et dont le contrôle couvrait tous les territoires de chasse de l’Amérique britannique du Nord. Encore que le dernier bail de la Compagnie avec le gouvernement fut expiré, le champ restant à peu près libre à Price, on signalait encore fréquemment, au fond des forêts saguenayennes, des rixes souvent sanglantes entre les hommes des chantiers et les trappeurs de la Compagnie qui voulaient continuer pour leur compte les privilèges exclusifs de chasse dans le Domaine du Roy. On voulait établir une tradition. Il en était ainsi quand Peter McLeod était venu établir une première scierie à la Rivière-du-Moulin, tout au bord du Saguenay, pour s’associer peu après avec William Price en vue d’exploiter un autre moulin construit au Bassin, à l’endroit que devait occuper plus tard la paroisse du Sacré-Cœur de Chicoutimi.

On était au milieu de décembre. Ce soir-là, comme tous les soirs, la plupart des hommes des scieries du Bassin et de la Rivière-du-Moulin étaient réunis et commençaient à boire dans la grande salle du “Main Office” quand, soudain, Peter McLeod entra. Il alla tout d’abord au comptoir et engloutit coup sur coup trois pleins verres de whisky en esprit. Puis un groupe se forma vite dont il fut le principal personnage. Il ingurgita une quatrième « eau de feu » et dit tout à coup :

« Je voudrais trois bons hommes ».

— Facile à trouver ici… répondit l’un du groupe.

— En toute vérité, continua Peter McLeod, un seul